Appel à communications – Congrès Ranacles 2015

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Appel à communications – Congrès Ranacles 2015

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Appel à communications pour le XXIIIe Congrès RANACLES, Université Toulouse-Jean Jaurès, 26-28 nov. 2015.

Depuis 2002, la réforme LMD a entraîné une transformation sans précédent de la formation en langues dans l’enseignement supérieur français, notamment à l’Université. Aujourd’hui, quasiment tous les étudiants suivent un parcours en langue, y compris dans les universités de sciences humaines où le secteur des langues pour spécialistes d’autres disciplines (LANSAD) s’est parfois structuré un peu plus tardivement qu’ailleurs en raison de la présence historique des formations pour spécialistes (filières LLCE et LEA).

Depuis la création de RANACLES le congrès s’est surtout intéressé aux étudiants LANSAD, mais la création plus récente de centres de langues au sein des universités de sciences humaines ouvre la question de l’enseignement / apprentissage des langues en centre de langues à de nouveaux publics d’étudiants.

L’enseignement supérieur étant un lieu privilégié de spécialisation des étudiants, la question de la langue semble étroitement liée à celle de « spécialité(s) ». Qu’ils travaillent les langues pour en devenir spécialistes dans les domaines de la civilisation, la linguistique ou la littérature, que leur spécialisation en langue soit appliquée à l’économie internationale ou qu’ils apprennent les langues pour s’en servir dans des domaines de spécialité aussi divers et variés que la psychologie, la sociologie, le droit, la physique, la biologie, l’électronique ou la médecine, les étudiants des filières LLCE, LEA et LANSAD ont en commun d’étudier les langues tout en se spécialisant dans le domaine de leur choix.

Cette question de « spécialité(s) » constitue une différence importante entre les apprenants de l’enseignement supérieur et ceux du secondaire (et a fortiori du primaire) mais aussi avec les apprenants suivant des formations en langues dites « généralistes ». Les études en psychologie qui s’inspirent de la théorie de la charge cognitive de John Sweller (2005) suggèrent que le niveau d’expertise des apprenants dans un domaine donné a des répercussions sur les processus d’apprentissage. La notion de spécialité(s) jouerait ainsi un rôle crucial dans le processus d’enseignement / apprentissage des langues – générales ou de spécialités. Or le secteur LANSAD peut recouvrir ces deux notions : langue générale transversale destinée à des étudiants de toutes filières ou langue de spécialité destinée à des étudiants de filières spécifiques. Ainsi se pose la question de la montée en spécialisation : les besoins des étudiants de niveau licence sont-ils les mêmes que ceux des filières plus avancées ? Comment ces besoins évoluent-ils et comment se combinent-ils avec l’amélioration du niveau de langue ? Quel lien peut être fait entre « langue », « culture » et « culture de spécialité » ?

Du point de vue institutionnel, on notera que la notion de spécialité(s) et le processus de spécialisation sont essentiels dans les restructurations en cours dans l’enseignement supérieur : les regroupements d’universités s’inscrivent dans une volonté de création de grands pôles régionaux spécialisés dans des domaines de compétences ciblés, qui font notamment écho aux travaux de la Commission européenne sur le concept de « spécialisation intelligente » ou « smart specialisation » (2010). Il semble donc pertinent d’interroger les notions de spécialité(s) et de spécialisation dans le secteur de l’enseignement supérieur, à la fois pour l’enseignement et pour la recherche, et le 23e congrès de RANACLES permettra d’ancrer la réflexion sur cette notion dans le cadre spécifique des travaux que l’association mène depuis plus de vingt ans sur les centres de langues.

En plus d’une réflexion épistémologique sur la notion de « spécialité(s) » en lien avec la problématique des centres de langues, cinq axes de communication pourront être envisagés, sans qu’ils soient exhaustifs :

*Articulation entre centres de langues et spécialité(s) : il y aura lieu de s’interroger sur la manière d’articuler le travail en centre de langues et la « spécialité » des apprenants, en prenant en compte la diversité des types de centres de langues, des filières, des langues et des niveaux en langue : comment adapter travaux, tâches et supports aux diverses spécialités ? Quels types de dispositifs permettent-ils de mieux prendre en compte cette spécialisation ? Quels contenus sont proposés et pour quels objectifs ? Quelles politiques de développement et d’organisation des ressources pour prendre en compte les diverses langues, filières et spécialités des apprenants ? Quel encadrement pédagogique et administratif pour la prise en compte de ces diversités ? Et, finalement, comment les centres de langues accompagnent-ils les apprenants au fil de leur processus de spécialisation ?

*Filières de langues et centres de langues : alors que les CRL se sont traditionnellement construits autour de l’offre de formation pour la filière LANSAD, les filières LEA et LLCE se saisissent-elles aujourd’hui du dispositif CRL ? Comment ? Quelles interactions entre les filières ? Quelles sont les mutualisations possibles ? Quel sens donner à la notion de « spécialité » dans ces différentes filières (« langue de spécialité », « langue sur objectifs spécifiques », « langue sur objectifs universitaires », « langue spécialisée », « langue technique », « langue pour l’entreprise », etc.) ?

*Apprenants et apprentissage des langues : quels besoins pour les apprenants ? Quels objectifs d’apprentissage dans les CRL ? De quelle langue s’agit-il ? générale, professionnelle, de spécialité ? Quelles ressources, quels dispositifs d’enseignement/apprentissage ? Quels outils de mesure ? Quelles innovations pédagogiques en lien avec la/les spécialité(s) des étudiants et leur spécialisation ? Quels liens entre TIC et spécialité(s)/spécialisation ? Quelles ressources ? Quels effets du niveau d’expertise dans un domaine sur l’apprentissage de la langue ? Quel lien avec la culture ?

*Enseignants et enseignement/apprentissage des langues : sur quel modèle les formations plus généralistes de type LANSAD fonctionnent-elles, lorsqu’elles s’adressent à des étudiants issus de filières plurielles ? Comment construire un dispositif de formation qui permette de prendre en compte ces besoins différents des étudiants ? Les dispositifs d’autoformation accompagnée proposés dans les CRL permettent-ils une individualisation du parcours de formation et donc une adaptation au profil spécifique de chaque apprenant ? Quelle place pour les enseignants des disciplines ou quel type de collaboration est envisageable avec ceux-ci, sachant que les connaissances dans les disciplines évoluent sans doute très vite… ? Quelle place pour les pairs plus avancés dans leurs études ? Quel rôle peuvent-ils jouer dans des communautés d’apprentissage qui se constituent en ligne ou à distance ? Dans ce cadre, quelle place possible pour des projets avec des universités partenaires ? Quelle place pour la mobilité ?

*Métiers dans les centres de langues : quels métiers dans les centres ? Quelle place pour les personnels non-enseignants ? Quels besoins de spécialisation pour quelle(s) formation(s) ? Quelles interactions entre les différents acteurs des centres ? Quelles organisations ?

Les communications pourront être proposées en anglais ou en français (durée 40 min. : 25 min. de présentation et 15 min. d’échanges). Des articles issus des communications pourront être proposés pour publication.

L’appel à communications est clos.

Responsables scientifiques : Encarnacion Arroyo, Fabrice Corrons, Cristelle Maury, Linda Terrier

Comité d’organisation : Encarnacion Arroyo, Marie Bouchet, Fabrice Corrons, Marc Gruas, Cristelle Maury, Linda Terrier

Contact : Linda Terrier linda.terrier@univ-tlse2.fr

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