L’avenir du CLES et pétition

La pétition rédigée par un collectif d’enseignants en Lorraine. Le passage au CNESER c’est le 19 novembre prochain!

Texte rédigé par la coordination nationale du CLES

“Chères et chers collègues,

Vous avez sans doute lu ou parcouru le projet PLF (Projet de loi de finances) 2020 et plus particulièrement la page 16 qui traite des certifications et tests de langues dans nos universités. C’est autour des notions de notoriété et – ceci étant lié à cela – de gratuité que s’organise la politique certificative que Matignon envisage de mettre en place. En effet, seuls les tests jouissant d’une reconnaissance internationale seront financés par l’Etat et seul l’anglais est a priori concerné par ce dispositif.

Si le CLES a consenti des efforts considérables pour asseoir sa reconnaissance internationale, notamment via la mise en place du réseau NULTE (Network of University Language Testers in Europe) dont il est le co-fondateur, force est de reconnaître qu’il ne jouit pas, du moins encore à ce stade, de la notoriété que connaissent les tests concurrents tels que le TOEFL, le TOEIC ou encore IELTS qui, en matière de marketing publicitaire, disposent d’une force de frappe financière sans comparaison. Nous avons toutefois demandé, par le biais de la CPU, que le CLES puisse bénéficier dans les établissements de l’E.S, d’une partie de la somme allouée pour la passation des certifications en licence.

Entre un test gratuit et un test payant nous savons tous que l’étudiant aura tôt fait de choisir. De plus, nos gouvernants vont-ils accepter de faire passer le CLES alors qu’ils vont dorénavant obtenir des crédits pour faire passer d’autres tests de langue ?

Comme la recherche sur le CLES (thèse, articles) l’a d’ores et déjà démontré, ce choix qui, on peut le craindre, se révèlera  massif en faveur de ces tests privés orientés vers le tout anglais, exercera un effet pervers sur l’enseignement-apprentissage des langues à plus d’un titre : non seulement il porte préjudice au plurilinguisme et à toutes les valeurs qui lui sont associées et sont placées par le Conseil de l’Europe au cœur même de notre identité européenne, mais il risque aussi d’enrayer pour de longues années l’impact positif qu’une certification de type actionnel telle que le CLES exerçait sur l’enseignement-apprentissage des langues.

Si ce sont aujourd’hui les tests privés qui semblent recueillir les faveurs de Matignon, je puis toutefois vous assurer que le CLES est pleinement soutenu par la CPU et le MESRI. Ce dernier ne dispose malheureusement que d’une marge de manœuvre très étroite, comme cela est apparu clairement lorsque nous avons, Laurent Rouveyrol, directeur adjoint chargé des affaires générales sur le CLES, et moi-même entrepris, lors d’une réunion en juin dernier avec la CPU et le MESRI, de renégocier notamment les termes de l’article 10 de l’arrêté licence de 2018 et tenter de préserver une ouverture au plurilinguisme.

Le texte initialement proposé lors de cette réunion faisait état de « la passation d’une certification en langue anglaise délivrée par un organisme extérieur aux établissements de l’enseignement supérieur ». Après discussion, voici le texte de l’article 10 modifié qui sera soumis au CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui se réunit le 19 novembre prochain et qui, rappelons-le, n’émet qu’un avis consultatif :

« S’agissant spécifiquement des compétences linguistiques mentionnées à l’article 6, les modalités du contrôle permettent de vérifier la progression de l’étudiant entre l’entrée en licence et l’obtention du diplôme. Une certification du niveau qu’il a obtenu dans la langue choisie, défini en référence au cadre européen, est délivrée à l’étudiant lors de l’obtention de sa licence.

Cette certification concerne au moins la langue anglaise et, dans ce cas, fait l’objet d’une évaluation externe reconnue au niveau international et par le monde socio-économique. La présentation de cette certification conditionne la délivrance du diplôme ».

La formulation dans la langue choisie ne ferme donc pas totalement la porte au plurilinguisme et évaluation externe n’exclut plus le fait qu’une évaluation externe puisse se faire en interne à condition que les enseignants qui font la formation ne soient pas ceux qui évaluent.

Je précise enfin que la CPU, par la voix de sa représentante à notre dernier COPIL du 17 octobre, propose de « territorialiser » les certifications en fonction de la nature des établissements : BTS, DUT : certifications internationales privées ; le CLES : certification en langues pour l’Université. Cette proposition officielle émanant de la CPU sera transmise au MESRI par cette institution.

Si le CLES conserve son droit d’exister, il est à craindre que le nombre de passations pour l’anglais chute de manière dramatique dans les années à venir. Il va donc falloir mettre en place de nouvelles stratégies, par exemple développer les autres langues que l’anglais voire proposer de nouvelles langues, ouvrir des sessions de CLES FLE, dont la conception des sujets est en voie de finalisation, conduire l’évolution du CLES C1 à son terme (nouveau format, nouvelles grilles), poursuivre la mise en place du E-CLES, renforcer nos liens avec nos partenaires européens et surtout proposer le CLES au monde de l’entreprise. Il s’agit, pour ce dernier point, d’une très forte préconisation du MESRI et de la CPU.

Je vous demande donc d’agir dès à présent à votre niveau, d’interpeller vos interlocuteurs et saisir toutes les occasions (instances politiques, réunions, tissu socio-professionnel local, réseaux sociaux, etc.) pour faire connaître le CLES et faire parler du CLES et dénoncer les dangers qui ne manqueront pas de se manifester dans un avenir proche. Je joins à cet effet un document que Monsieur Roussel, président de la CPU, a eu la gentillesse de diffuser auprès de nos présidents respectifs, et qui s’intitule « Pourquoi choisir le choisir le CLES ? ». Il peut servir de base à votre argumentation. N’hésitez pas à l’utiliser.

Merci d’avance pour votre aide et votre mobilisation.

Bien cordialement,

Yves Bardière et Laurent Rouveyrol”

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